Plateformisation des Producteurs et Artisans : la prochaine révolution agro-alimentaire

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Nous avons des terroirs d’une richesse inouïe, un magnifique patrimoine gastronomique « culturel et immatériel de l’humanité » (UNESCO), avec paradoxalement de nombreux producteurs, éleveurs ou artisans qui peinent à s’en sortir, pour plein de raisons que vous connaissez…

Par ailleurs, une vraie prise de conscience collective est en train de naitre, mue par une volonté plus forte d’être acteur plutôt que spectateur de sa consommation. La consommation collaborative n’est pas juste un effet de mode mais sans doute les prémices d’un vrai changement de paradigme, où la valeur d’usage prévaut de plus en plus sur la propriété, où l’échange, le partage, la bienveillance prennent le pas sur l’individualisme, où la santé est un sujet de plus en plus central de notre quotidien.

Les 50 dernières années ont vu la consommation alimentaire des foyers considérablement bouleversée par l’industrialisation de notre paysage agricole qui a facilité l’accès à toujours plus de produits à des prix toujours plus bas. Une course au prix bas qui incite à toujours plus d’industrialisation et de standardisation (voire aseptisation) de notre alimentation… Et de précarisation de nos agriculteurs. Un cercle vicieux qui a aujourd’hui, et à mon sens, atteint à ses limites.

Notre société est en train de changer. Elle est de plus en plus connectée, bien plus soucieuse de son alimentation et de sa santé (quitte à dépenser un peu plus), et en recherche de relation plus authentique, plus transparentes, aux marques et aux personnes.

Acheter sur Internet commence à bien s’ancrer dans les moeurs des millenials à la silver économie : 36 Millions d’acheteurs sur internet et près de 70Mds€ d’achat en 2016, mais seulement 4% d’achat alimentaire préempté à 80% par les drives des enseignes de grande distribution.

+90% des 18/24 ans ont un smartphone (les acheteurs de demain) et la Silver Economie commence à consommer sur la toile (une majorité des achats sur Pourdebon sont effectués par des personnes de +55 ans).

Une prise de conscience collective à vouloir mieux soigner son alimentation

On assiste à :

  • L’éclosion de nombre d’initiatives promouvant les Circuits Courts (Drive fermier, Magasin de producteurs, AMAP, La Ruche Qui Dit Oui, etc.), le Mieux Manger (explosion du Food Delivery, Livraison de paniers recette et la demande en produit Bio s’envole)
  • Des consommateurs qui renouent avec la cuisine et le manger sain (jamais autant d’émissions culinaires n’ont autant inondé les media)
  • Une vraie prise de conscience des enjeux alimentaires et de santé et la volonté de ne plus subir, mais d’agir sur ses modes de consommation
  • Un ecosysteme Food-Tech hyper favorable (et largement financé) au développement de projets innovants.

Plateformisation des Producteurs et Artisans

Acheter des produits ou services en direct de particulier, ou d’artisan est déjà pratique courante (dans l’univers du DIY avec Esty, Ebay, Le Bon Coin, ou les services avec Blablacar, Airbnb, Hopwork, etc.)

L’avènement de ses plateformes technologiques innovantes et souvent disruptives rendent l’accès à la vente en ligne facilité pour tout type de vendeur et donc l’accès facilité à toujours plus de produits et plus de diversité pour les consommateurs. Rétroactivement cette plateformisation accélère le phénomène de désintermédiation inhérent au web.

Le secteur du voyage a été le 1er a subir ce bouleversement technologique, en 2000-2010 : Explosion des plateformes de réservation en ligne (OTA, Booking, Expedia, Opodo, etc.) et des comparateurs, ouvrant la voie à la vente directe de billet d’avion des compagnies aériennes… Mais accélérant aussi l’écroulement des voyagistes historiques ; 2010-Aujourd’hui : Explosion de nouvelles plateformes, les Marketplaces de Service entre particulier et/ou petit professionnel (Evaneos, Airbnb, Drivy, Blablacar, Uber, etc.). Le monde du tourisme a définitivement muté.
=> Durant ces 2 périodes aucun industriel du secteur n’a su anticiper ces grands changements.

Rassembler des producteurs et artisans sur une même plateforme digitale répond donc à une évidence de marché.

On compte en France déjà une vingtaine de projets visant à rapprocher producteurs & artisans du consommateur. Il y aura encore d’autres initiatives, locales, régionales, nationales, internationales avant que des concentrations ne s’opèrent. Il y aura également de nombreux échecs souvent liés à la logistique (le plus grand défi) ou la solidité financière, mais de toute évidence les Marketplaces alimentaires « direct Producteur » devraient rentrer progressivement dans les usages de consommation et forcer les enseignes de grande distribution à vite se repenser.

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